vendredi 19 novembre 2010

Toulouse

Desfois, un collant emprunt de gerbe vient rappeler la tristesse de notre époque. Ces filles qui ont fais tant d'effort pour être vues, tant d'intelligence maléfique dans leur manière de s'habiller... d'un seul coup tout cela s'évanouit dans un malheureux réflexe gastrique. Il n'y a sûrement rien de plus fort que de les voir gerber sur le trottoir.

Demain, ce seront des visages bouffis et puants qui pointeront dans les écoles de commerce et autres facs de droit. Ils auront oublié ce qu'ils ont fait la veille, mais feront semblant de savoir ce qu'ils feront le lendemain.

Des arabes, pardon, des jeunes-issus-de-la-diversité-visible, entament une bagarre. Mais qu'est-ce que cela peut bien changer ? Il n'y a bien que dans les films que l'on arrête la musique quand un problème survient. Tout autour, la fête, ou plutôt l'opérationnalisation joyeuse de l'oubli, continue, en masse, comme si de rien n'était. C'est un bulldozer que rien n'arrête. Ce n'est qu'une mise en abime ; si l'aujourd'hui ignore avec autant de force le lendemain, pourquoi l'ici n'ignorerait pas l'à côté ? C'est le film de notre vie qui défile tous les soirs ici et là, c'est le paradoxe crade de notre siècle. Ces manifestations rituelles, qui mélangent la passion avec l'indifférence, les rires avec les larmes, si elles sont exaspérantes, elles ne cesseront jamais de me fasciner.



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